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10/05/2011

Visions fugitives

extrait...

 

chaise

La femme nue est debout dans ce qui ressemble à un atelier d'artiste, un genou, le droit, reposant sur une chaise longue. Une tenture décorative sur le mur derrière elle.

Elle est complètement nue, le torse un peu tourné vers la droite. Dans sa main gauche, elle tient un miroir où elle se regarde. Du bout des doigts de sa main droite, elle caresse le dessous de son sein gauche, doucement.

sein, main

Elle a des cheveux courts, mal permanentés, le maquillage exagéré et les lèvres rouge foncé d'une soubrette. Très 1920, peut-être un peu plus tôt. De minces épaules de gamine, et une tête qui parait un rien trop grosse pour son corps. Au bas de la photo, quelqu'un a écrit son nom d'une écriture ferme et ronde : Irène Lagut.

 

vélo, garçon, mer

Visions fugitives 

William BOYD

 

 

13:58 Publié dans Livre, Portrait | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : femme, nue, miroir, sein, caresse

21/04/2011

Le plaisir féminin

J'ai entendu parler d'elle à la radio. Elle explore le plaisir féminin.

Échographies du clitoris, cartographie du point G.,... Odile Buisson, gynécologue, veut dévoiler les mécanismes de l'orgasme. Et plaide pour une véritable médecine sexuelle féminine.

Ce qu'elle disait était tellement étonnant que j'ai fait des recherches sur le net pour faire le point (sans jeu de mots) sur le plaisir féminin.

1c-point-g-couv.jpg...(extrait)
On ne naît pas femme libérée, on le devient. Ou comment la quinquagénaire décomplexée qui dévoile les mystères de la sexualité féminine en appelant une "chatte" une "chatte", venge l’ex-gamine mal dans sa peau. "Dans mon milieu populaire, les filles valaient moins que les garçons. Ce n’est pas idéal pour l’estime de soi mais ça incite à se battre. En médecine, j’ai choisi la gynécologie parce que je n’étais pas à l’aise avec la féminité, la séduction. J’ai voulu aller voir ce qui me terrorisait."

Médecin depuis trente ans, Odile Buisson a réalisé en 2009 les premières échographies du clitoris et montré que le "bouton est en fait un vaste organe constitué d’une double arche, dont le sommet enserre le vagin". L’année suivante, nouvelle prouesse publiée dans la revue de référence de sa discipline : elle échographie un couple (des copains soignants) en plein coït. "La pénétration et les mouvements de va-et-vient stimulent le clitoris interne. Quand les femmes assurent avoir des sensations particulières sur la partie antérieure du vagin, qu’on appelle le point G, elles ne rêvent pas."
"La recherche est tellement androcentrée"

Ces jours-ci, Odile Buisson délaisse ses explorations anatomiques pour faire la promotion de son essai, Qui a peur du point G? Le plaisir féminin, une angoisse masculine (Ed. Jean-Claude Gawsewitch). Au cœur de cet ouvrage, un triste constat: "Contrairement aux Etats-Unis, à la Grande-Bretagne ou à l’Italie, la médecine sexuelle féminine n’existe pas en France." L’auteure, elle-même, s’est ouverte à la discipline sur le tard et par hasard. Dans son cabinet, en région parisienne, la gynécologue obstétricienne pratique des examens de routine: échographies fœtales et gynécologiques. "Je voyais des utérus, des ovaires, mais je ne faisais pas attention aux clitoris. J’étais victime d’une sorte d’excision psychique." Jusqu’au jour où l’urologue Pierre Foldès, pionnier de la chirurgie réparatrice des mutilations sexuelles, coauteur des publications scientifiques d’Odile Buisson et de son livre, lui suggère de se lancer dans l’échographie du clitoris. Un tandem professionnel d’explorateurs en marge de l’institution est né. "On passe pour des révolutionnaires alors qu’on essaie de comprendre le plaisir féminin! La recherche est tellement androcentrée…", se désole Pierre Foldès.

La récente controverse sur l’existence du point G, niée par une étude britannique, a déclenché l’écriture du bouquin. « J’ai réalisé qu’il était urgent de batailler pour que le plaisir féminin soit considéré comme un objet de recherche." Odile Buisson relate les moqueries de certains de ses collègues qui doutent de l’utilité de son travail. "Arrête avec ton point gogo, s’est-elle entendu dire récemment. Je peux te donner un orgasme en mettant ma langue dans ton oreille!" L’orgasme féminin, ultime tabou? "La sexualité est lestée de tous les préjugés et ce n’est pas un champ médical très exploré. Mais on connaît mieux les mécanismes de l’érection que celui de la jouissance féminine parce qu’on s’y intéresse plus", confirme Emmanuele Jannini, chercheur italien renommé. L’urologue lillois Jacques Buvat, président de la Société francophone de médecine sexuelle, rappelle que la discipline a longtemps été considérée comme "une médecine de rigolos": "L’arrivée du Viagra a stimulé la recherche. Le retard féminin s’explique aussi par le fait que les problèmes d’érection sont liés à la fonction de reproduction alors que les dysfonctions féminines ne l’affectent pas."
"Un enjeu de santé publique"

Tout au long du livre, Odile Buisson plaide pour que la sexualité humaine soit envisagée dans sa globalité, au sein d’unités hospitalières et de recherche mixtes: "Il faut que les médecins (gynécos, urologues, neurologues, psychiatres) et les sexologues (plus souvent psychologues que médecins) travaillent main dans la main." D’abord sceptique sur l’existence du point G, le professeur de gynécologie Israël Nisand confesse aujourd’hui son ignorance de l’anatomie et du plaisir féminins, ce "continent noir de la médecine". Le praticien féministe, qui a œuvré pour la reconnaissance du déni de grossesse et fait de l’éducation sexuelle auprès des lycéens, voit dans le développement de la médecine sexuelle féminine "un enjeu de santé publique": "En étudiant la fonction du clitoris pendant l’orgasme, on pourrait mieux comprendre la dysfonction orgastique qui ruine la vie de nombreux couples et de nombreuses femmes."

Des femmes déprimées quand leur libido flanche à l’âge de la ménopause, Odile Buisson en croise chaque semaine en consultation. Elle leur donne quelques conseils de médecin féministe pour booster leur ego en rêvant du jour où une petite pilule rose les aidera à traverser un cap parfois difficile. "Le Viagra féminin, ce n’est pas forcément le Graal. Mais il n’y a pas de raison a priori d’en priver les femmes."

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miroir-grossissant-3x-30-ch.jpg

 

Voyez qu'il y a encore du boulot avant de sortir du Moyen Age des recherches sur le plaisir féminin. Il est temps de relever les manches et de se pencher sur l'ouvrage à étudier !

Lisez son livre !

Et mesdames, regardez votre corps. Cherchez le vous même votre point G (votre clitoris, j'espère bien que vous savez où il se trouve). Pour celles qui se plaignent que leur homme ne sait pas s'en servir, montrez lui, gentillement, simplement, dans la douceur et la tendresse. Guidez le, par votre main ou votre voix.

Ou changez de mec !